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Les maladies du foie et leurs traitements
Deux nouveaux traitements très prometteurs
RESMETIROM
Pr Cyrielle Caussy : « Avec l’arrivée du resmetirom en France, nous entrons dans une nouvelle ère pour les patients atteints de MASH fibrosante. Cette première thérapie approuvée représente une avancée considérable, offrant enfin une option pharmacologique en complément de la prise en charge nutritionnelle. C’est une source d’espoir pour les patients et une réelle satisfaction pour les praticiens, qui disposent désormais d’un nouvel outil pour lutter contre la progression de la maladie. »
La prise en charge de la MASH (metabolic dysfunction-associated steatohepatitis, ou stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique) connaît, en 2026, une évolution majeure avec l’arrivée du premier traitement médicamenteux ciblé accessible en France dans le cadre d’une autorisation d’accès précoce.
Le resmetirom (REZDIFFRA®) est désormais proposé aux patients adultes atteints d’une MASH non cirrhotique présentant une fibrose hépatique avancée (stade F3), ouvrant ainsi une nouvelle étape dans l’arsenal thérapeutique de cette maladie.
Cette avancée intervient dans un contexte où la MASH constitue un enjeu croissant de santé publique. Sa fréquence augmente régulièrement et elle figure aujourd’hui parmi les principales étiologies de cirrhose, de carcinome hépatocellulaire et de transplantation hépatique. Jusqu’à présent, la prise en charge reposait essentiellement sur les mesures hygiéno-diététiques. Bien qu’elles aient démontré leur efficacité, leur mise en œuvre à long terme se heurte à des difficultés importantes : peu de patients réussissent à atteindre puis à maintenir une perte pondérale suffisante pour obtenir une amélioration histologique durable. L’introduction du resmetirom représente donc une alternative prometteuse pour les patients les plus exposés au risque de progression vers la cirrhose et ses complications.
Le resmetirom agit comme un agoniste sélectif du récepteur β des hormones thyroïdiennes (THR-β). Son activité, principalement hépatique, vise à cibler les mécanismes physiopathologiques impliqués dans l’évolution de la maladie.
Dans l’étude clinique ayant permis de valider le traitement, le resmetirom entraînait une résolution de la MASH dans 25-30% des cas (contre 10% sous placebo) et une régression de la fibrose dans ~25% des cas (contre 14% sous placebo) après 52 semaines de traitement. L’utilisation de ce traitement reste néanmoins strictement encadrée en France. L’accès précoce est réservé aux patients âgés d’au moins 18 ans, présentant une fibrose de stade F3 sans signe de cirrhose constituée. Plusieurs aspects pratiques restent toutefois à définir. Les modalités de sélection des candidats au traitement, notamment en l’absence de confirmation histologique par biopsie hépatique, devront être précisées à travers la définition de critères diagnostiques non invasifs pertinents.
De même, les stratégies de suivi, les critères permettant d’apprécier la réponse thérapeutique et les conditions de poursuite ou d’interruption du traitement devront encore être clarifiés.
Dr Yasmina Chouik : « Une révolution thérapeutique est en marche dans la MASH ! L’arrivée du resmetirom, et le développement actuel de nombreuses autres molécules très prometteuses, font espérer une amélioration du pronostic hépatique et extra-hépatique des patients avec MASH dans les prochaines années »
BÉPIROVIRSEN
Le laboratoire GSK a annoncé des résultats encourageants pour son nouveau traitement contre l’hépatite B chronique, le bépirovirsen. Ce médicament a été évalué dans deux grandes études internationales de phase III, menées auprès de plus de 1 800 patients dans 29 pays dont les résultats ont été présentés au récent congrès de l’EASL.
Ces essais ont concerné des personnes déjà traitées par les médicaments habituels contre l’hépatite B et dont l’infection était relativement bien contrôlée. Les participants ne présentaient ni cirrhose du foie ni infection par le VIH.
Le bépirovirsen ne permet pas d’éliminer complètement le virus de l’organisme. En effet, le virus de l’hépatite B peut persister sous une forme « cachée » dans les cellules du foie. Cependant, ce traitement pourrait réduire durablement la quantité de virus présente dans le corps à un niveau si faible que le système immunitaire serait de nouveau capable de le contrôler. C’est ce que les spécialistes appellent une « guérison fonctionnelle » : le virus n’est pas totalement éradiqué, mais il devient inactif sans nécessiter de traitement continu. Beaucoup d’experts considèrent aujourd’hui cet objectif comme plus réaliste qu’une disparition complète du virus. Dans ces études de phase III, une guérison fonctionnelle ayant permis d’arrêter tous les traitements a été observée chez 26% des patients ayant un AgHBs < 1000 UI/mL.
Plusieurs questions restent toutefois à éclaircir :
1) combien de temps cette guérison fonctionnelle peut-elle durer ? Un suivi plus long des patients sera nécessaire pour savoir si le bénéfice du traitement se maintient dans le temps.
2) comment augmenter le taux de réponse chez les patients avec AgHBs<1000 UI/mL, et que proposer aux patients ayant un taux d’AgHBs > 1000 UI/mL ?
Les résultats de ces études ont déjà été transmis aux autorités de santé en Europe, aux États-Unis, au Canada, au Japon et en Chine. GSK espère obtenir les premières autorisations de mise sur le marché dès cette année.
Les résultats sont « remarquables » et représentent « une avancée majeure » pour le domaine, estime l’hépatologue Pr Anna Lok de la faculté de médecine de l’Université du Michigan, que nous avons eu le privilège de recevoir à Lyon pendant une semaine en mai 2026.
« Ces nouveaux résultats constituent une étape décisive, attendue de longue date, dans la quête d’un traitement curatif de l’infection par le VHB », ajoute Pr Fabien Zoulim, hépatologue et directeur de l’IHU d’Hépatologie de Lyon.
Le foie, un organe essentiel à la vie
Le foie est un organe situé sous la cage thoracique, du côté droit de l’abdomen.
C’est le deuxième organe le plus volumineux après la peau. Plus important encore, le foie est essentiel au bon fonctionnement du corps humain, puisque plus de 500 fonctions biologiques lui ont été attribuées. Parmi celles-ci figurent la digestion des aliments et l’élimination des substances toxiques de l’organisme.
Le saviez-vous ? le foie peut repousser jusqu’à une taille normale même après avoir été retiré à 90 %.
Les maladies du foie
Une grande variété de causes peut conduire à des complications hépatiques…
Malgré son incroyable capacité de régénération, de nombreuses maladies peuvent endommager le foie au-delà de ses capacités de régénération. Une personne peut naître avec une maladie particulière qui affecte le foie (génétique), la contracter (virus de l’hépatite) ou être exposé de façon régulière à des agents nocifs pour le foie (alcool ou régime alimentaire riche en graisses). Dans de nombreux cas, ces lésions hépatiques persistantes entraînent une cicatrisation progressive du foie (fibrose), mais peut aussi engendrer une détérioration permanente de l’organe (cirrhose) voire le développement d’autres complications telles que le cancer du foie (carcinome hépatocellulaire).
Prendre soin de son foie
Prévention, prise en charge et traitement
Le traitement des maladies du foie dépend de la situation particulière à l’origine du problème de santé. Certaines complications hépatiques peuvent être traitées en modifiant notre mode de vie, par exemple en arrêtant de boire de l’alcool ou en adoptant un régime alimentaire plus sain.
D’autres problèmes hépatiques peuvent être traités par des médicaments, comme dans le cas des virus de l’hépatite où des antiviraux sont prescrits afin de cibler la cause sous-jacente.
À un stade plus avancé de la maladie, par exemple en cas de cirrhose ou de cancer du foie, il peut être nécessaire de recourir à la chimiothérapie, à la chirurgie ou à la transplantation hépatique.
Dans tous les cas un hépatologue vous conseillera pour vous orienter vers la meilleure prise en charge.